Plantes Grimpantes Fleurie Persistantes
Une plante grimpante persistante garde son feuillage en hiver, et quelques-unes fleurissent en plus. Pour choisir les meilleures plantes grimpantes persistantes, il faut regarder leur facilité d’entretien réelle, leur rusticité, la période où elles fleurissent, et ce qu’elles font aux personnes, aux animaux et au mur qui les porte. Chacune fleurit quelques semaines : c’est en les associant que l’on obtient une succession de fleurs de mars à octobre sur un fond de feuillage permanent.
La réponse courte
Trois grimpantes persistantes à fleurs tiennent la route dans la plupart des jardins français : la clématite d’Armand (blanche, mars-avril), le jasmin étoilé (blanc parfumé, fin mai-juin) et le chèvrefeuille du Japon (blanc puis jaune, mai à septembre, feuillage semi-persistant). Le Berberidopsis fleurit rouge corail, pas jaune, et demande un sol acide et un hiver doux. Le Fremontodendron n’est pas une grimpante : c’est un arbuste que l’on palisse, et ses poils irritent la peau et les yeux. Le lierre est le plus robuste, mais ses baies sont toxiques.
Choisir les Meilleures Plantes Grimpantes
Le mot « persistant » recouvre deux réalités. Certaines espèces gardent toutes leurs feuilles quel que soit l’hiver, comme le lierre ou la clématite d’Armand. D’autres sont dites semi-persistantes : le chèvrefeuille du Japon, par exemple, conserve son feuillage dans les régions douces et le perd en partie là où l’hiver est rude. Promesse de Fleurs le résume ainsi pour les chèvrefeuilles : « la persistance du feuillage peut être plus aléatoire sous les climats les plus rudes ». Avant d’acheter, il faut donc savoir dans quel climat on plante.
Voici les critères qui comptent réellement au moment du choix :
- Rusticité : le jasmin étoilé et les clématites persistantes supportent environ -10 °C, le Berberidopsis entre -5 °C et -12 °C selon le sol, le chèvrefeuille du Japon -15 °C, le lierre bien davantage. Un hiver plus froid que la limite annoncée tue la plante ou son feuillage.
- Mode d’accroche : le lierre s’accroche seul par ses crampons ; le chèvrefeuille, le jasmin étoilé et la clématite s’enroulent et ont besoin d’un treillis, de fils ou d’une pergola ; le Fremontodendron ne grimpe pas du tout et doit être attaché.
- Période de floraison : elle est courte pour chaque espèce. Une plante persistante fleurit quelques semaines, pas douze mois.
- Exposition et sol : mi-ombre et sol frais pour le chèvrefeuille et le Berberidopsis, plein soleil et sol sec pour le Fremontodendron, mur abrité pour le jasmin étoilé.
- Toxicité et irritation : lierre, clématite et glycine sont classés toxiques pour le chien, le chat et le cheval par l’ASPCA ; le Fremontodendron irrite la peau. Ce critère pèse dès qu’il y a des enfants ou des animaux.
Les Variétés de Plantes Grimpantes Persistantes
Les fiches ci-dessous reprennent, pour chaque espèce, le nom botanique, ce que dit Wikipédia et ce que dit la fiche-conseil de Promesse de Fleurs consacrée aux grimpantes persistantes.
Chèvrefeuille du Japon (Lonicera japonica) — liane vigoureuse au feuillage semi-persistant, fleurs blanches virant au jaune, très parfumées, de mai à septembre. Rustique jusqu’à -15 °C, elle se plaît à mi-ombre ou au soleil sur une tonnelle, une pergola ou un grillage. Elle peut être attaquée par les pucerons et devient envahissante dans le Midi et dans l’Ouest : on la taille après floraison. Ses baies noires sont décrites comme légèrement toxiques pour l’homme. Le chèvrefeuille dit de Henry (Lonicera acuminata, vendu sous le nom L. henryi) est lui aussi semi-persistant, à fleurs rougeâtres à jaunes.
Plante corail (Berberidopsis corallina) — grimpante persistante originaire du Chili, feuillage vert brillant légèrement denté, et surtout des grappes de petites fleurs en clochettes rouge corail, portées de juillet à octobre. Elle grimpe à 3 à 5 m et s’enroule faiblement. Sa rusticité est moyenne, de -5 °C à -12 °C selon le sol, avec un paillage épais en hiver ; en région froide, on la cultive en grand bac à rentrer. Sol légèrement acide, souple, frais mais drainé ; exposition ensoleillée non brûlante ou mi-ombre. Elle n’a rien d’une plante « facile » : c’est une espèce de climat doux et de terre de bruyère.
Fremontodendron (Fremontodendron californicum) — ce n’est pas une plante grimpante mais un arbuste persistant de 2,4 à 5,5 m, parfois un petit arbre à plusieurs troncs, originaire du sud-ouest de l’Amérique du Nord. On le palisse contre un mur chaud parce qu’il ne s’accroche à rien. Ses grandes fleurs jaunes de 3,5 à 6 cm sont réelles et spectaculaires. Deux réserves importantes : les poils qui couvrent ses feuilles se détachent au contact et irritent la peau et les yeux (gants et manches longues pour le tailler), et il exige un sol très drainé sans arrosage d’été une fois installé. Un arrosage suivi en été est le meilleur moyen de le perdre.
Jasmin étoilé (Trachelospermum jasminoides) — liane volubile au feuillage persistant qui se teinte de bronze en hiver, fleurs d’un blanc pur au parfum de jasmin fin mai-début juin en climat doux. Elle résiste à environ -10 °C, et jusqu’à -15 °C plantée à l’abri du vent contre un mur au sud ou à l’ouest ; la partie aérienne peut geler à -7 °C mais la souche repart. Plantation en avril-mai sur un lit de gravier pour le drainage. Ses tiges coupées exsudent un latex blanc.
Clématite d’Armand (Clematis armandii) — liane persistante à feuilles coriaces et luisantes, tiges jusqu’à 6 m, fleurs blanches de 5 cm très parfumées (fleur d’oranger et vanille) en mars-avril. Rusticité de l’ordre de -10 °C : elle se réserve aux régions au climat doux ou à un mur bien exposé. Elle a besoin d’un support (treillis, fils tendus) pour s’y enrouler.
Lierre grimpant (Hedera helix) — la persistante la plus rustique, spontanée dans toute l’Europe tempérée. Ses fleurs, discrètes, s’ouvrent de la mi-septembre à octobre, quand presque plus rien ne fleurit : elles nourrissent alors abeilles et autres insectes, et les baies noires nourrissent les oiseaux à la fin de l’hiver. Il s’accroche seul par des crampons. Ses baies sont toxiques pour les mammifères et pour l’homme, et le contact des feuilles peut déclencher des dermatites. Promesse de Fleurs le recommande, y compris en cultivars panachés comme ‘Goldheart’, pour un mur exposé au nord en sol argileux.
Entretien et Plantation des Plantes Grimpantes
Pour planter et entretenir des plantes grimpantes persistantes, il faut d’abord adapter le geste à l’espèce, parce que leurs besoins se contredisent : ce qui convient au Berberidopsis (frais, acide, mi-ombre) tue le Fremontodendron (sec, drainé, plein soleil). Voici ce qui vaut pour toutes, puis les exceptions.
- Drainage : toutes redoutent l’eau stagnante en hiver. Le jasmin étoilé se plante sur une couche de gros gravier ; le Berberidopsis demande un sol frais mais drainé « surtout en hiver ».
- Arrosage : suivi la première année pour toutes. Ensuite, le Fremontodendron ne doit plus recevoir d’eau en été ; le chèvrefeuille et le Berberidopsis préfèrent un sol qui reste frais.
- Support : à poser avant la plantation. Les espèces volubiles ont besoin de fils tendus, d’un treillis ou d’une pergola ; le lierre n’a besoin de rien mais ses crampons marquent les enduits, et sur un mur en terre ou un vieux mur fissuré ses racines peuvent causer des dégâts. Wikipédia note qu’installer une treille permet d’éviter tout dégât, et qu’il faut l’empêcher de recouvrir un toit, au risque de voir les tuiles soulevées.
- Protection : gants pour tailler le Fremontodendron (poils irritants) et le lierre (dermatites possibles) ; lavage des mains après avoir manipulé le jasmin étoilé, dont le latex tache.
- Taille : le chèvrefeuille du Japon se taille après floraison pour contenir sa vigueur ; les clématites persistantes se taillent après leur floraison de printemps, jamais avant.
Sur un mur, il vaut mieux fixer un treillis ou des câbles dans la maçonnerie que laisser une grimpante s’appuyer directement sur l’enduit. Cela limite les dégâts, et cela permet de décrocher la plante pour ravaler sans la sacrifier.
Les Avantages des Plantes Grimpantes Persistantes
Les plantes grimpantes persistantes offrent de nombreux avantages pour votre jardin. Voici les principaux, avec leurs limites :
- Un écran vert douze mois sur douze : c’est leur vraie qualité. Un grillage, une clôture ou un mur disgracieux disparaissent aussi bien en janvier qu’en juillet.
- Une succession de fleurs, pas une floraison continue : clématite d’Armand en mars-avril, chèvrefeuille de mai à septembre, jasmin étoilé en juin, Berberidopsis de juillet à octobre, lierre en septembre-octobre. En associant trois espèces, on couvre le printemps, l’été et l’automne.
- Un refuge pour la faune : la floraison tardive du lierre est une source de nourriture critique pour les abeilles quand l’hiver arrive, et ses fruits nourrissent les oiseaux.
- Une protection des murs : Wikipédia relève que le lierre protège les murs des intempéries et du soleil et assainit le sol à leur pied, mais aussi qu’il ruine les vieux murs fissurés. L’avantage n’existe que sur un mur sain.
- Un entretien modéré, pas nul : une taille par an pour le chèvrefeuille, une surveillance des pucerons, un paillage hivernal pour le Berberidopsis.
Conseils pour un Jardin Épanouissant
Pour créer un jardin épanouissant avec des plantes grimpantes persistantes, la diversité et la planification font la différence. Voici les conseils qui tiennent compte de ce que chaque espèce exige :
- Associez des floraisons décalées : une clématite d’Armand (printemps) avec un chèvrefeuille (été) et un lierre (automne) donnent des fleurs de mars à octobre sur un même support.
- Planifiez l’espace et le poids : une clématite d’Armand atteint 6 m de long et le chèvrefeuille du Japon est décrit comme une liane très vigoureuse ; le support doit être dimensionné et fixé pour ce volume adulte, pas pour le jeune plant.
- Placez chaque espèce à son exposition : mur nord pour le lierre, mur sud abrité pour le jasmin étoilé et la clématite, mi-ombre fraîche pour le Berberidopsis, plein soleil sec pour le Fremontodendron.
- Tenez compte de qui vit dans le jardin : là où jouent des enfants ou des animaux, préférez le jasmin étoilé, que l’ASPCA classe non toxique pour les animaux domestiques, au lierre ou à la clématite.
- Entretenez régulièrement : taille annuelle, contrôle des pucerons, retrait des tiges qui gagnent une gouttière ou une toiture.
Toxicité et précautions
L’ASPCA, qui tient la base de référence sur les plantes toxiques pour les animaux de compagnie, classe plusieurs grimpantes citées ici. Ce qu’elle dit, espèce par espèce :
Lierre (Hedera helix) — toxique pour le chien, le chat et le cheval ; saponines triterpéniques (hédéragénine) ; vomissements, douleurs abdominales, salivation, diarrhée. L’ASPCA précise que le feuillage est plus toxique que les baies. Chez l’homme, Wikipédia rapporte que deux à trois baies ingérées donnent déjà des signes d’empoisonnement.
Clématite (Clematis spp.) — toxique pour le chien, le chat et le cheval ; glycoside irritant (protoanémonine) ; salivation, vomissements, diarrhée.
Glycine (Wisteria spp.) — toxique pour le chien, le chat et le cheval ; lectine et wistérine ; vomissements parfois sanglants, diarrhée, abattement. Les graines sont aussi toxiques pour l’homme. Elle est souvent citée parmi les grimpantes à fleurs, mais son feuillage est caduc : elle n’a pas sa place dans une liste de persistantes.
Jasmin étoilé (Trachelospermum jasminoides) — classé non toxique pour le chien, le chat et le cheval par l’ASPCA. Wikipédia en français indique toutefois que la plante est toxique à l’ingestion et qu’elle exsude un latex blanc. Les deux sources ne portent pas sur le même risque : l’une sur les animaux, l’autre sur la consommation par l’homme.
Fremontodendron — absent de la base ASPCA ; le risque documenté est l’irritation de la peau et des yeux par les poils des feuilles et des jeunes pousses.
Ce qui n’a pas pu être vérifié
Le chèvrefeuille, le Berberidopsis, la bignone et la passiflore ne figurent pas dans la base ASPCA : aucune affirmation sur leur toxicité pour les animaux n’est faite ici. Aucune source publique ne donne de seuil chiffré d’intoxication pour ces plantes, et aucun n’est publié. Les températures de rusticité citées sont celles des fiches consultées ; elles varient avec le sol, l’exposition et l’âge de la plante.
Questions fréquentes
Existe-t-il une grimpante persistante qui fleurit toute l’année ?
Non. Chaque espèce fleurit quelques semaines : la clématite d’Armand en mars-avril, le chèvrefeuille du Japon de mai à septembre, le jasmin étoilé en juin, le Berberidopsis de juillet à octobre, le lierre en septembre-octobre. Ce qui dure toute l’année, c’est le feuillage.
Le Berberidopsis a-t-il des fleurs jaunes ?
Non. Wikipédia le décrit par ses fleurs rouges, et Promesse de Fleurs parle de clochettes « d’un rouge corail cireux et brillant », d’où son nom de plante corail.
Le Fremontodendron est-il une plante grimpante ?
Non. C’est un arbuste persistant de 2,4 à 5,5 m que l’on palisse contre un mur chaud parce qu’il ne s’accroche à rien. Il se cultive en sol très drainé, sans arrosage estival une fois installé, et se manipule avec des gants à cause de ses poils irritants.
Le chèvrefeuille garde-t-il ses feuilles en hiver ?
Le chèvrefeuille du Japon est semi-persistant : il garde son feuillage dans les régions douces et en perd une partie là où l’hiver est rude. Ce n’est pas une persistante stricte comme le lierre.
Le lierre abîme-t-il les murs ?
Sur un mur sain, il le protège des intempéries ; sur un vieux mur fissuré ou un mur en terre, ses racines peuvent l’endommager, et il ne doit pas gagner la toiture. Une treille entre le mur et la plante évite ces dégâts.
Quelle grimpante persistante choisir avec un chien ou un chat ?
Le jasmin étoilé est la seule espèce de cette liste que l’ASPCA classe non toxique pour le chien, le chat et le cheval. Le lierre, la clématite et la glycine sont classés toxiques.
Sources consultées
Promesse de Fleurs,
7 plantes grimpantes persistantes pour votre jardin (fiche-conseil, mise à jour août 2025) · Wikipédia :
Berberidopsis corallina,
Fremontodendron californicum,
Chèvrefeuille du Japon,
Trachelospermum jasminoides,
Clematis armandii,
Lierre grimpant,
Wisteria sinensis · ASPCA, base des plantes toxiques et non toxiques :
English Ivy,
Clematis,
Wisteria,
Star Jasmine.
Bricoleur et jardinier dans l’âme, j’écris sur la maison et ses extérieurs avec les mains dans le cambouis plus que dans les théories. Mon terrain couvre tout l’habitat : le potager et le jardin au fil des saisons, mais aussi les petits travaux, la rénovation, le bricolage et les métiers du bâtiment — toiture, isolation, menuiserie, serrurerie, maçonnerie. J’aime expliquer un geste technique simplement, donner des fourchettes de prix réalistes et les bons critères pour choisir un matériau ou un artisan. Je teste ce que je peux sur mes propres chantiers et au jardin avant d’en parler, je distingue la tradition de ce que confirme l’observation, et je précise toujours le contexte — climat, type de sol, configuration du logement — parce qu’un même conseil ne vaut pas partout. Mon but : rendre l’entretien et l’amélioration de la maison accessibles, durables et économes. Retrouvez Julien Prigent sur julienprigent.fr
Bricoleur et jardinier dans l'âme, j'écris sur la maison et ses extérieurs avec les mains dans le cambouis plus que dans les théories. Mon terrain couvre tout l'habitat : le potager et le jardin au fil des saisons, mais aussi les petits travaux, la rénovation, le bricolage et les métiers du bâtiment — toiture, isolation, menuiserie, serrurerie, maçonnerie. J'aime expliquer un geste technique simplement, donner des fourchettes de prix réalistes et les bons critères pour choisir un matériau ou un artisan. Je teste ce que je peux sur mes propres chantiers et au jardin avant d'en parler, je distingue la tradition de ce que confirme l'observation, et je précise toujours le contexte — climat, type de sol, configuration du logement — parce qu'un même conseil ne vaut pas partout. Mon but : rendre l'entretien et l'amélioration de la maison accessibles, durables et économes. Retrouvez Julien Prigent sur julienprigent.fr