Les Plantes Suspendues pour Intérieur : Un Choix Élégant et Pratique
Suspendre une plante, c’est libérer du plan de travail et de la surface au sol tout en donnant à un feuillage retombant la seule position où il se déploie vraiment. C’est aussi placer un pot en hauteur, parfois au-dessus d’un passage, et le mettre hors de portée du regard quotidien qui sert à repérer une plante qui souffre.
Les Avantages des Plantes Suspendues
Le premier avantage d’une suspension est géométrique : elle occupe un volume que rien d’autre n’occupe. Dans un studio, un couloir ou une salle d’eau, la surface au sol est comptée et les rebords sont déjà pris ; le plafond et les tringles, eux, sont libres. Une plante suspendue ne remplace pas un meuble, elle utilise un vide.
Le second tient au port de la plante. Un pothos posé sur une étagère laisse ses tiges s’enrouler et s’emmêler ; le même pothos suspendu les laisse descendre et montre ce qui fait son intérêt. Pour les espèces à port retombant, la suspension n’est pas une mise en scène, c’est la position qui correspond à leur croissance.
Le troisième est pratique et rarement dit : en hauteur, le feuillage est hors d’atteinte d’un chat, d’un chien ou d’un enfant qui marche. Cet avantage a une contrepartie exacte, traitée plus bas : ce qui tombe d’une plante suspendue, feuille, tige ou terreau, retombe au sol, et une tige longue finit par redevenir accessible.
Choisir la Bonne Plante Suspendue
Les quatre espèces que l’on retrouve partout sous l’étiquette « plante retombante » ne se valent pas une fois qu’on regarde le foyer qui les accueille. Le tableau ci-dessous donne le nom scientifique et le statut publié par l’ASPCA, l’organisme américain de contrôle des intoxications animales, dont les fiches ont été ouvertes une par une.
| Nom courant | Nom scientifique | Statut ASPCA (chien, chat) |
|---|---|---|
| Pothos | Epipremnum aureum | Toxique |
| Lierre anglais | Hedera helix | Toxique |
| Misère | Tradescantia fluminensis | Toxique |
| Fougère de Boston | Nephrolepis exaltata | Non toxique |
| Plante araignée | Chlorophytum comosum | Non toxique |
Trois précisions comptent plus que le tableau lui-même. D’abord, le genre ne suffit pas : chez les Tradescantia, la fiche de T. fluminensis est classée toxique quand celle d’Albiflora spp., de la même famille, est classée non toxique. C’est le nom d’espèce qu’il faut demander au vendeur, pas le nom commercial. Ensuite, ces fiches ne portent que sur les animaux : l’ASPCA ne se prononce nulle part sur l’être humain. Enfin, nous nous en tenons au chien et au chat parce que la source se contredit sur le cheval : pour le pothos comme pour le lierre, deux fiches de la même espèce existent, l’une mentionnant le cheval et l’autre non. Nous ne tranchons pas à sa place.
Les signes décrits diffèrent d’une espèce à l’autre, et cela change la surveillance. Pour le pothos, l’ASPCA attribue l’effet à des oxalates de calcium insolubles et décrit une irritation de la bouche, une salivation abondante, des vomissements et une difficulté à avaler. Pour le lierre anglais, le principe en cause est une saponine triterpénoïde et les signes sont digestifs. Pour la misère, la fiche ne nomme aucun principe toxique et ne liste qu’un seul signe, cutané : une dermatite. Ce sont trois situations différentes, pas un même avertissement décliné trois fois.
Pour l’humain, une seule des cinq espèces est documentée par une source publique française. La fiche « plantes toxiques par contact » publiée par l’ANSES décrit le pothos (Epipremnum aureum, Aracées) comme une plante « toxique en cas de contact avec la peau, la bouche et les yeux », dont les parties en cause sont « les feuilles et les tiges », et qui peut provoquer une « réaction cutanée avec rougeur, démangeaisons possibles, sensation de brûlure ». Portée à la bouche, la même fiche indique qu’elle « peut entraîner une sensation de brûlure, un gonflement des lèvres, de la langue et de la gorge et de possibles difficultés à respirer ». Les quatre autres espèces ne figurent pas dans ces fiches, ce qui ne dit rien de leur innocuité : cela dit seulement qu’elles n’y sont pas traitées.
Créer un Environnement Confortable avec des Plantes Suspendues
Une plante en hauteur ne se regarde pas comme une plante posée : on la voit d’en dessous. Le dessous d’un feuillage, les attaches et le fond du cache-pot sont donc ce que verra réellement la pièce, et c’est ce qu’il faut soigner en priorité, plus que la couleur du pot.
La hauteur d’accrochage se décide aussi par l’arrosage. Un pot qu’on ne peut pas atteindre sans escabeau est un pot qu’on arrose mal et qu’on inspecte peu ; une suspension accessible à bout de bras, ou décrochable, sera entretenue. Un pot placé au-dessus d’un canapé, d’un lit ou d’un plan de travail impose en plus de penser à l’égouttage avant de percer quoi que ce soit.
Enfin, l’air chaud monte. Au plafond d’une pièce chauffée, une plante vit dans un air plus chaud et plus sec qu’à hauteur de table, et près d’un plafonnier elle reçoit un éclairage qui ne remplace pas la lumière du jour. Deux suspensions identiques dans la même pièce peuvent donc demander des arrosages différents selon leur position.
Entretien et Soins des Plantes Suspendues
La difficulté propre à la suspension est l’eau : elle doit traverser la motte sans se retrouver par terre. Un pot suspendu se prête mal à l’arrosage au goulot et bien à deux méthodes : le décrochage et le trempage, ou l’arrosage lent en plusieurs fois, en laissant le temps au terreau d’absorber.
Le drainage se vérifie avant l’accrochage, jamais après. Un cache-pot suspendu sans trou retient l’eau au contact des racines, et une réserve invisible en hauteur se remarque quand le feuillage jaunit, c’est-à-dire trop tard. Beaucoup de suspensions du commerce comportent une coupelle solidaire : il faut savoir si elle se vide, et comment.
Le reste tient à l’observation, et c’est le point où une plante en hauteur est désavantagée. On ne passe pas la main dans le terreau d’un pot situé au-dessus de sa tête, et on ne retourne pas une feuille pour y chercher un parasite. Descendre la suspension de temps en temps pour la regarder de près fait partie de l’entretien autant que l’arrosage lui-même.
Les Plantes Suspendues et la Qualité de l’Air Intérieur
C’est le point sur lequel la littérature disponible est la plus claire, et elle mérite d’être citée précisément. Une revue publiée en 2020 dans le Journal of Exposure Science and Environmental Epidemiology par Bryan E. Cummings et Michael S. Waring a repris 12 études en chambre et converti 196 résultats expérimentaux en débit d’air épuré équivalent. La médiane obtenue est de 0,023 m³ par heure et par plante. Les auteurs en déduisent qu’il faudrait placer « 10 à 1 000 plantes par m² de surface de plancher » pour atteindre le résultat que « le renouvellement d’air extérieur vers l’intérieur fournit déjà dans les bâtiments habituels », de l’ordre d’un volume d’air par heure.
Les essais historiques auxquels on se réfère souvent ont été menés dans des conditions qu’il faut connaître. Le rapport NASA-TM-101766, signé B. C. Wolverton, Anne Johnson et Keith Bounds et daté du 15 septembre 1989, décrit des chambres en Plexiglas de 0,76 m de côté, et d’autres de 0,76 × 0,76 × 1,53 m, dont le texte précise que boulons et écrous à oreilles « assuraient la fermeture complète des couvercles et créaient des chambres étanches à l’air ». Un ventilateur brassait l’air à l’intérieur et les essais duraient 24 heures. Le même rapport ne propose d’ailleurs pas la plante en pot comme dispositif, mais un filtre associant les plantes à un lit de charbon actif traversé par de grands volumes d’air.
Le rapport lui-même ne propose d’ailleurs pas la plante en pot comme dispositif. Sa synthèse écrit que « les filtres à charbon actif équipés de ventilateurs ont la capacité de filtrer rapidement de grands volumes d’air pollué et doivent être considérés comme faisant partie intégrante de tout dispositif utilisant des plantes d’intérieur » pour traiter la pollution de l’air intérieur. Ce que ces essais ont mesuré, c’est un filtre actif, pas un pot posé dans une pièce.
Deux organismes publics français ont tranché la question en ces termes. L’ADEME écrit, dans son avis consacré aux plantes et à l’épuration de l’air intérieur, que « l’aération et la ventilation restent bien plus efficaces que l’épuration par les plantes », que l’efficacité d’une plante en jardinière « serait donc quasi nulle en condition réaliste d’exposition », et qu’elle considère que cet argument commercial n’est pas validé scientifiquement au regard des niveaux de pollution rencontrés dans les habitations. L’ADEME précise dans le même document que les baisses de concentration de 30 % à 90 % rapportées ailleurs ont été obtenues en laboratoire : la capture en chambre close n’est pas niée, c’est sa transposition au logement qui ne tient pas.
L’Observatoire de la qualité de l’environnement intérieur, porté par l’Anses et le CSTB, range les leviers « dans l’ordre suivant : renouveler l’air, supprimer les sources de pollution, et en dernier recours, épurer l’air intérieur », et ajoute qu’« en conditions réelles, leur efficacité est négligeable. En outre, certaines peuvent provoquer des allergies ». La recommandation d’aération qui l’accompagne est d’ouvrir les fenêtres au moins dix minutes par jour ; l’Anses écrit de son côté « aérer 10 à 15 minutes minimum chaque jour, même en hiver ».
La conclusion pratique est simple et elle est favorable au lecteur : le levier qui agit sur l’air d’une pièce est son renouvellement. Ouvrir, ventiler, et traiter les sources d’émission produit un effet que ces organismes chiffrent et classent en premier ; le nombre de pots, non. On peut donc choisir une suspension pour ce qu’elle apporte réellement, qui est visuel et spatial, sans lui demander ce qu’elle ne fait pas.
Idées de Décoration avec des Plantes Suspendues
Trois partis pris fonctionnent, et ils se distinguent par ce qu’ils demandent au support. Le premier est la suspension isolée devant une fenêtre : une seule plante, bien éclairée, qui se lit en contre-jour. Le second est l’alignement, plusieurs pots identiques à la même hauteur sur une tringle ou une barre, qui donne un rythme plutôt qu’un point focal. Le troisième est l’étagement, des hauteurs différentes sur une même zone, qui n’a d’intérêt que si les plantes ont des ports distincts.
La contrainte commune est l’accès. Un alignement de six suspensions est un alignement de six pots à arroser, et l’effet visuel se dégrade dès que l’un d’eux décline. Mieux vaut trois suspensions tenues que six laissées.
Sécurité : Toxicité et Accrochage
La toxicité se gère par le placement, pas par l’interdiction. Une espèce classée toxique peut rester dans un foyer avec un chat ou un chien, à condition que les tiges retombantes ne redescendent pas à portée. C’est le seul point qui demande une vérification régulière, parce qu’un pothos ou un lierre allonge ses tiges d’une saison à l’autre : une suspension sûre à l’installation peut cesser de l’être six mois plus tard. Le geste correspondant est la taille, pas le déplacement du pot.
Questions Fréquentes
Le pothos est-il dangereux pour un chat ?
Quelles suspensions choisir si j’ai un animal ?
Une plante suspendue assainit-elle la pièce ?
Combien de poids peut porter mon plafond ?
Comment arroser sans faire couler d’eau ?
- ASPCA, fiches Golden Pothos, English Ivy, Inch Plant, Boston Fern et Spider Plant.
- ANSES, fiche « Plantes toxiques par contact », 2021, notice Pothos.
- B. E. Cummings et M. S. Waring, « Potted plants do not improve indoor air quality », Journal of Exposure Science and Environmental Epidemiology, 2020, 30(2), p. 253-261 — notice de l’éditeur.
- B. C. Wolverton, A. Johnson et K. Bounds, « Interior Landscape Plants for Indoor Air Pollution Abatement », NASA-TM-101766, 15 septembre 1989.
- ADEME, « Les Avis de l’ADEME — Plantes et épuration de l’air intérieur », document consulté dans la librairie de l’ADEME (cité sans lien : l’adresse de la notice n’a pas pu être vérifiée au moment de la publication).
- Observatoire de la qualité de l’environnement intérieur (Anses et CSTB), « Améliorer la qualité de l’air intérieur ».
Bricoleur et jardinier dans l’âme, j’écris sur la maison et ses extérieurs avec les mains dans le cambouis plus que dans les théories. Mon terrain couvre tout l’habitat : le potager et le jardin au fil des saisons, mais aussi les petits travaux, la rénovation, le bricolage et les métiers du bâtiment — toiture, isolation, menuiserie, serrurerie, maçonnerie. J’aime expliquer un geste technique simplement, donner des fourchettes de prix réalistes et les bons critères pour choisir un matériau ou un artisan. Je teste ce que je peux sur mes propres chantiers et au jardin avant d’en parler, je distingue la tradition de ce que confirme l’observation, et je précise toujours le contexte — climat, type de sol, configuration du logement — parce qu’un même conseil ne vaut pas partout. Mon but : rendre l’entretien et l’amélioration de la maison accessibles, durables et économes. Retrouvez Julien Prigent sur julienprigent.fr










