L’oreille de cochon (Cotyledon orbiculata) est une succulente d’Afrique du Sud à grosses feuilles farineuses gris-bleu et à fleurs pendantes orange-rouge. Elle est facile à réussir et très décorative — et elle est toxique, d’une toxicité nommée, documentée et bien plus précise que le « attention, c’est une plante grasse » qu’on lit partout. Voici la fiche, en séparant ce qui est établi de ce qui ne l’est pas.
- ▸Famille des Crassulaceae, ordre des Saxifragales (classification APG IV), genre Cotyledon.
- ▸Toxique : la plante contient un bufanolide, la cotyledontoxine, responsable d’une intoxication nommée cotyledonosis.
- ▸Les animaux listés comme atteints sont les moutons, chèvres, chevaux, bovins, volailles et chiens. ⛔ Le chat n’est pas dans cette liste — ce qui ne veut pas dire qu’il y serait à l’abri : la source ne le mentionne pas.
- ▸⛔ Aucun seuil de quantité n’est publié par la source : nous n’en inventons pas un.
- ▸Environ 1,3 m de haut avec la hampe florale, pour des tiges de 20 à 40 cm.
- ▸En Nouvelle-Zélande, l’espèce est classée plante envahissante et figure au National Pest Plant Accord.
Ce qu’elle est, botaniquement
L’oreille de cochon appartient à la famille des Crassulaceae, une famille de plantes succulentes qui réunit aussi les Kalanchoe, les Sedum et les Aeonium. Elle est originaire d’Afrique du Sud, où elle pousse dans les zones arides et rocheuses.
Le rattachement qui fait consensus aujourd’hui est court : ordre des Saxifragales, selon la classification APG IV, famille des Crassulaceae, genre Cotyledon, espèce Cotyledon orbiculata.
⚠️ Nous avons retiré de cette fiche une série de rangs intermédiaires qui circulaient dessus : ils relèvent d’un système de classification abandonné et ne sont pas cohérents avec l’ordre indiqué juste au-dessus. Mieux vaut trois rangs justes que neuf rangs mélangés.
« La plante contient un bufanolide appelé cotyledontoxine, responsable d’une maladie appelée cotyledonosis qui touche les moutons, chèvres, chevaux, bovins, volailles et les chiens. »— Cotyledon orbiculata, Wikipédia en français — la source déjà citée par cette fiche, relue le 28 septembre 2026
Reconnaître la plante
Les touffes de tiges dressées montent de 20 à 40 cm. Les feuilles sont persistantes, sessiles, épaisses, et peuvent atteindre 13 cm sur 7. Vertes ou gris-bleu clair selon les variétés, elles sont couvertes d’une pruine blanche farineuse qui réfléchit le rayonnement et limite les pertes d’eau : c’est la signature de l’espèce, et ce qui lui vaut son surnom.
La floraison se produit en été. La hampe florale s’élève d’une soixantaine de centimètres au-dessus du feuillage et porte une cyme de fleurs pendantes, ce qui amène la plante fleurie à environ 1,3 m au total. Les fleurs sont tubulaires, à cinq lobes retournés, habituellement orange-rouge ; des variétés à fleurs jaunes existent.
Toxicité : ce que dit précisément la littérature
C’est le point que la plupart des fiches diluent, et il mérite d’être nommé. La toxicité n’est pas une propriété vague des « plantes grasses » : elle est propre à cette espèce et elle a un nom. La plante contient un bufanolide, la cotyledontoxine, et l’intoxication qu’elle provoque s’appelle la cotyledonosis.
Les animaux listés comme atteints sont les moutons, les chèvres, les chevaux, les bovins, les volailles et les chiens. Deux précisions honnêtes s’imposent. D’abord, le chat ne figure pas dans cette liste : nous ne l’y ajoutons pas, mais nous n’en concluons pas non plus qu’il serait à l’abri — la source est simplement muette. Ensuite, aucun seuil de quantité n’est publié. Nous ne reprendrons donc pas la formule rassurante qui figurait ici et qui conditionnait la toxicité à un volume ingéré : elle apaise sans rien établir.
⚠️ Ce que nous avons retiré de cette fiche, et pourquoi : elle présentait la plante comme ayant des usages médicinaux pour une liste d’affections. Des usages traditionnels sont effectivement décrits dans la littérature ethnobotanique, mais nous ne les relayons pas comme des soins : ce serait suggérer d’appliquer ou d’absorber une plante dont la même littérature décrit la toxine et la maladie. Il n’y a pas de posologie ici, et il n’y en aura pas.
En pratique, au jardin comme à la maison : hors de portée des animaux et des jeunes enfants, gants pour la taille et le bouturage si vous avez la peau réactive, et on se lave les mains après. Ces gestes réduisent le risque, ils ne le suppriment pas.
Culture, et l’entretien qu’elle demande vraiment
C’est une plante indulgente à deux conditions non négociables : un substrat qui draine vite et beaucoup de lumière. Plein soleil de préférence, mi-ombre tolérée. L’arrosage est le seul vrai piège : les racines pourrissent vite, donc on arrose uniquement quand le substrat est sec au toucher, et jamais dans une soucoupe qui garde l’eau.
Elle craint le froid. ⛔ Nous ne donnons pas de température plancher : la fiche de référence n’en publie aucune, et le chiffre qui circulait sur cette page contredisait, sur la même page, l’affirmation qu’on pouvait la laisser dehors en climat méditerranéen. Le repère sûr est comportemental : si votre région gèle, la plante rentre. En pot, c’est simple à organiser.
Côté fertilisation, la sobriété paie : les succulentes supportent mal l’excès d’engrais. Cultivée en pot, elle fait une excellente plante de terrasse l’été et rentre le reste de l’année, près d’une fenêtre très lumineuse. ⚠️ Un mot si vous avez un chat : celle-ci n’est pas un bon choix à hauteur de museau, et la question des plantes d’intérieur réputées non toxiques pour lui se traite à part — nous lui avons consacré une page entière.
- ✓Substrat : mélange pour cactées et succulentes, ou terreau allégé de sable grossier et de pouzzolane.
- ✓Arrosage : quand c’est sec, et copieusement mais rarement. En hiver, quasiment rien.
- ✓Rempotage : au printemps, dans un pot à peine plus grand et percé.
- ✓Surveillance : pucerons et cochenilles farineuses, à chercher sous les feuilles et aux aisselles.
- ✓Multiplication : bouture de feuille ou de tige, laissée sécher quelques jours avant mise en terre.
Où la planter, et où ne pas la laisser s’échapper
En pleine terre, elle ne tient que là où l’hiver est doux et le sol franchement drainant : une rocaille exposée au sud, un talus caillouteux, une bordure surélevée. Plantée en groupe, l’effet graphique des rosettes farineuses est réel. Ailleurs, le pot reste la bonne réponse.
Un point de responsabilité, précis celui-là : en Nouvelle-Zélande, l’espèce est considérée comme envahissante et inscrite au National Pest Plant Accord. Nous ne l’étendons pas à d’autres pays, faute de source. La conduite qui en découle vaut partout : on ne jette pas de fragments de succulente dans la nature ni au compost ouvert — une feuille tombée suffit à faire un pied.
Bricoleur et jardinier dans l’âme, j’écris sur la maison et ses extérieurs avec les mains dans le cambouis plus que dans les théories. Mon terrain couvre tout l’habitat : le potager et le jardin au fil des saisons, mais aussi les petits travaux, la rénovation, le bricolage et les métiers du bâtiment — toiture, isolation, menuiserie, serrurerie, maçonnerie. J’aime expliquer un geste technique simplement, donner des fourchettes de prix réalistes et les bons critères pour choisir un matériau ou un artisan. Je teste ce que je peux sur mes propres chantiers et au jardin avant d’en parler, je distingue la tradition de ce que confirme l’observation, et je précise toujours le contexte — climat, type de sol, configuration du logement — parce qu’un même conseil ne vaut pas partout. Mon but : rendre l’entretien et l’amélioration de la maison accessibles, durables et économes. Retrouvez Julien Prigent sur julienprigent.fr










