Quel champignon comestible est le plus souvent observé près de chez vous ? L’Institut national de l’information géographique et forestière a publié le 15 octobre 2026 une carte qui répond département par département. Le résultat surprend : le cèpe, roi des paniers d’automne, est loin de dominer le classement.
Cette carte est utile pour qui jardine, se promène en forêt ou s’intéresse simplement à ce qui pousse au fond de son terrain. Elle ne dit pas où cueillir, mais elle montre ce que les naturalistes croisent vraiment sur le terrain.
Ce que montre la carte de l’IGN
Le document vient de l’Atelier de cartographie thématique de l’IGN. Pour chaque département de métropole, il affiche l’espèce de champignon comestible la plus répertoriée au cours des dix dernières années. L’IGN rappelle qu’environ 30 000 espèces de champignons seraient présentes en France métropolitaine, et que seule une partie d’entre elles a été décrite.
Les données ne sortent pas d’un sondage auprès des cueilleurs. Elles proviennent des observations du Global Biodiversity Information Facility (GBIF), une base mondiale qui rassemble les relevés naturalistes, sur la période du 1er octobre 2016 au 21 septembre 2026. Ces observations ont été croisées avec la liste des champignons comestibles établie par l’Anses en 2017.
Une carte d’observations, pas une carte aux trésors
La Fédération française de la randonnée pédestre, qui a relayé la carte le 16 octobre, le dit sans détour : la carte ne révèle pas les meilleurs coins à champignons. Elle reflète ce que les observateurs ont noté et partagé. Une espèce très photographiée et facile à reconnaître remonte plus vite qu’une espèce discrète, même si cette dernière est abondante.
Le cèpe n’est pas là où on l’attend
Premier enseignement : le cèpe de Bordeaux n’est pas l’espèce la plus répertoriée en Gironde. Il arrive en revanche en tête dans plusieurs départements de montagne ou de moyenne montagne, comme la Savoie ou la Lozère.
La vraie championne, selon l’IGN, est l’amanite rougissante. Elle domine dans de nombreux départements, des Pyrénées à la Bretagne en passant par les Vosges et les Ardennes. Ce n’est pas l’espèce que l’on imagine dans un panier, et c’est justement ce décalage entre notoriété et présence réelle que la carte met en lumière.
D’autres espèces peu connues du grand public apparaissent aussi régulièrement dans les observations : l’oreille-de-Judas, qui pousse sur le bois, ou le coprin chevelu, que l’on rencontre souvent au bord des chemins et sur les pelouses.
Pourquoi cela intéresse aussi le jardinier
On associe les champignons à la forêt, mais plusieurs des espèces citées par la carte se plaisent près des maisons. Le coprin chevelu sort volontiers sur une pelouse riche, un talus ou un terrain remué. L’oreille-de-Judas colonise les branches mortes, notamment sur les sureaux. Un jardin avec une haie, un tas de bois ou une prairie peu tondue offre donc des habitats à ces espèces.
Pour le jardin, leur présence est plutôt une bonne nouvelle. Les champignons décomposent le bois mort et les débris végétaux et participent à la vie du sol. Laisser un coin de bois mort au fond du terrain, réduire les tontes sur une bande de prairie ou garder un paillage épais sont autant de gestes qui favorisent cette vie souterraine.
Observer et partager ses découvertes
La carte de l’IGN repose entièrement sur des observations partagées. Chaque jardinier ou promeneur peut contribuer à ces bases naturalistes en photographiant ses trouvailles et en les déposant sur une application de sciences participatives, avec le lieu et la date. C’est ainsi que se construisent, année après année, des cartes comme celle-ci.
Comestible sur une liste ne veut pas dire sans risque
Le mot « comestible » de la carte renvoie à la liste de l’Anses. Il ne signifie pas que l’on peut ramasser et cuisiner sans précaution l’espèce affichée pour son département. Le genre des amanites, celui de la championne de la carte, compte aussi des espèces mortelles, et plusieurs comestibles ont des sosies toxiques.
La règle reste la même chaque automne : ne jamais consommer un champignon dont l’identification n’est pas certaine. En cas de doute, faites vérifier toute la récolte par un pharmacien ou une association de mycologie, séparez les espèces dans le panier et ne donnez jamais de champignons sauvages à de jeunes enfants. La carte est un outil de curiosité, pas un guide de cueillette.
Une manière ludique de découvrir son département
Au-delà du sujet, cette carte rappelle que la diversité des champignons en France dépasse largement le trio cèpe, girolle et morille. Elle invite à regarder autrement son jardin et les bois voisins, et à apprendre à reconnaître des espèces que l’on croisait sans les nommer.
En pleine saison des champignons, c’est le bon moment pour aller voir ce qui sort dans la pelouse, au pied des haies ou sur les vieilles souches. Appareil photo à la main, plutôt que couteau.
Questions fréquentes
La carte indique-t-elle les meilleurs coins de cueillette ?
Non. Elle montre, pour chaque département, l’espèce comestible la plus souvent enregistrée dans les observations naturalistes du GBIF sur dix ans. Une espèce abondante mais discrète peut être sous-représentée.
D’où viennent les données ?
Des observations du Global Biodiversity Information Facility entre le 1er octobre 2016 et le 21 septembre 2026, croisées avec la liste des champignons comestibles publiée par l’Anses en 2017.
Peut-on manger un champignon trouvé dans son jardin ?
Seulement si son identification est certaine. En cas de doute, faites contrôler la récolte par un pharmacien ou une association de mycologie avant toute consommation.
Bricoleur et jardinier dans l’âme, j’écris sur la maison et ses extérieurs avec les mains dans le cambouis plus que dans les théories. Mon terrain couvre tout l’habitat : le potager et le jardin au fil des saisons, mais aussi les petits travaux, la rénovation, le bricolage et les métiers du bâtiment — toiture, isolation, menuiserie, serrurerie, maçonnerie. J’aime expliquer un geste technique simplement, donner des fourchettes de prix réalistes et les bons critères pour choisir un matériau ou un artisan. Je teste ce que je peux sur mes propres chantiers et au jardin avant d’en parler, je distingue la tradition de ce que confirme l’observation, et je précise toujours le contexte — climat, type de sol, configuration du logement — parce qu’un même conseil ne vaut pas partout. Mon but : rendre l’entretien et l’amélioration de la maison accessibles, durables et économes. Retrouvez Julien Prigent sur julienprigent.fr






